Château hôtel du XIIIème siècle en Bourgogne

Naissance au XIIIème siècle

L'histoire d'un château surgi de la terre en Bourgogne du Sud à l'époque médiévale suit rarement en son long cours celui d'un fleuve paisible.

Ainsi, le Château d'Igé a été menacé dès sa naissance. Un acte de procédure en septembre 1235, sous le sceau de Louis IX, le futur Saint-Louis, nous apprend que la puissante abbaye de Cluny veut interdire au comte de Mâcon, seigneur d' Igy, d'entreprendre ou de poursuivre la construction d'une maison forte au mépris des droits que les moines disent avoir sur le terrain.

Les propriétaires de la seigneurie d'Igy sont alors, Alix de Mâcon, (dernière Comtesse de Mâcon, cousine de Blanche de Castille et d'Aliénor d'Aquitaine) et Jean de Dreux, Comte de Dreux et de Braine, qui a pour particularité d'être un trouvère, identifié sous le nom de Jean de Braine. Quatre chansons nous restent de lui.

Jean de Braine partit en croisade pour la Terre Sainte en 1234 et y mourut en 1239. Alix de Mâcon fit installer sur la toiture en lauze d'une tour du Château un chien en pierre. Symbole de la fidélité, le chien veille toujours sur le domaine. Alix de Mâcon, plutôt que de se remarier, choisit de vendre ses comtés au roi de France dès 1239 pour entrer en religion. Elle devient première abbesse de Notre-Dame du Lys. Elle y meurt en 1260.

Le château est ainsi érigé en châtellenie royale : le châtelain dispose du droit de justice (haute, moyenne, basse, mère, mixte et impaire) sur le village et quelques villages environnants.

Les embellissements du XVIIIème siècle : Le mystère de la tour

Les Annales d'Igé publiées en 1936 par l'Académie de Mâcon, nous révèlent que si le château compte six tours dont 3 restaurées. Au XVIIIème siècle, peu avant la révolution, furent édifiées les deux belles tours qui s'élèvent sur les angles nord et sud de la limite occidentale du jardin. Celle du sud servait de chapelle.

La structure de deux des trois tours qui ont résistés aux assauts des hommes et du temps révèle une énigme. Elles contiennent des gaines prises dans l'épaisseur du mur, et qui s'élèvent du rez-de-chaussée jusqu'au dernier étage. Assez larges pour laisser passer ou contenir un homme, mais ne comptant pas, du moins actuellement, d'ouverture sur l'extérieur, elles sont percées d'orifices qui semblent faits pour les aérer. Peut-être ont-elles servi de cachette en cas de danger ou de passage secret. Elles existent toujours.

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L'épreuve de la Révolution (1789) : le déclin du château, puis sa renaissance

Le château fut l'un des premiers, dans le Mâconnais, à subir l'assaut de la vague insurrectionnelle provoquée par la prise de la Bastille, le 14 juillet à Paris. Le 26 juillet, il fut saccagé et pillé, de beaux arbres y furent abattus, une grange détruite. Recherchés par les révoltés, le seigneur d'Igé et son épouse prirent le parti de s'enfuir dans les bois voisins. Il faut dire qu'avant même cette année, un conflit sévère opposait le châtelain à des habitants du village.

C'est pour commémorer ou pour célébrer cette journée qu'en 1989, la rue qui débouche sur l'entrée du domaine où s'élève le château, fut débaptisée pour recevoir le nouveau nom de "rue du 26 juillet 1789".

Vers la fin du XIXème siècle, le château fut plus ou moins laissé à l'abandon.

A partir de 1972, le château fut restauré et converti en hôtellerie de luxe. Chacun veille aujourd'hui, à la conservation du château pour que ses hôtes retrouvent dans ce cadre authentique, à l'occasion d'une étape gastronomique, le charme à la fois mystérieux et pourtant familier de l'époque médiévale.

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